Le titre est, je pense, assez explicite pour que le premier pecnot de base en comprenne l'objet : ce soir, je ne posterai point de billet sur ce blog. Et oui, il y a de ces jours où le travail et le temps nous rattrapent. Le soir arrive, le soleil est couché depuis belle lurette, et l'on reste devant une feuille blanche, à tenter désespérément de la remplir avec pour seuls compagnons et soutiens un stylo plume et la lumière jaunâtre d'une lampe à incandescence de 60 Watts tout au plus.
C'est une fois le travail achevé, plus ou moins soigneusement d'ailleurs, qu'il faut se plonger dans la lecture de l'actualité du jour avant de tapoter sur le clavier à la recherche de l'inspiration et des propos qui vont être publiés quelques minutes plus tard, sous le potentiel regard de millions de personnes pour finir sous l'attention de trois pelés et un tondu arrivés au hasard d'un algorithme déraillant de Google ou d'un lien placé par pitié chez un de mes blogueurs acolytes.
Parfois pour ne pas dire rarement, cela déchaînera des foules en délires dans ce nouveau système trollistico-participatif que l'on nomme "commentaires". Et là dès le premier (et dernier) commentaire, le billet prend enfin tout son sens : il devient échange, communication, conversation. Bref, je suis lu. Mais que d'efforts à fournir pour si peu ! Aurait-on idée d'aller chercher le sable à coup de seaux pour construire une bâtisse ? Lutterions-nous contre la fatigue pour regarder le JT de 20h ?
Notez tout de même que cette dernière remarque ne s'applique pas aux émissions de prime-time qui, aussi débiles soient-elles, ne manquent pas de nous tenir éveiller et de nous faire résister jusqu'à pas d'heure pour admirer la bêtise humaine tant et si bien que l'on s'y confondrait presque. Le pire encore est que ce phénomène prend une allure hebdomadaire qui semble bien proche d'un comportement masochiste poussé à l'extrème.
Oh vous aurez beau me supplier, me prier, vous agenouiller, me baiser, me congratuler, m'implorer, m'adjurer ou me conjurer, rien ne me fera changer d'avis. C'est ferme et définitif, quoi qu'il se passe, quoi que vous disiez : je ne posterai pas de billet ce soir.




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