Hihi

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Keyword - écriture

Fil des billets - Fil des commentaires

jeudi 24 mai 2007

Les poumons de l'enfer

Ce billet est une pure fiction tout juste écrite pour le concours Run and Blog. Participez vous aussi à ce concours pour gagner des lots multimédia sympatoches. Allez, place à la lecture.

Deux heures et quart, kilomètre vingt-huit. Mes pieds me font souffrir. Je suis à bout de souffle. Dans quoi me suis-je embarqué ? Que fais-je donc ici ? Je ne sais plus qui je suis, où je suis ou même ce que je fais : la douleur est trop forte et a vaincu ma conscience qui n'a d'autre choix que se focaliser sur elle. Pourquoi les autres ne semblent-ils pas souffir autant que moi ? Suis-je le seul a recracher mes poumons tel un fumeur de cinquante piges et à avoir des jambes de pierre ?

Ligne d'arrivée

Il y a bien ce type là, devant moi, que j'ai vu tituber tout à l'heure. Il est grand, brun, une trentaine d'années peut-être. Je l'ai entraperçu entrain de boiter de la jambe gauche tout à l'heure et il continue comme si de rien n'était. Il ne s'est même pas arrêté. Qui sait, en courant à côté de lui j'aurai peut-être pu capter une grimace sur ce visage que j'imagine grimé par la douleur. Mais il tient bon malgré tout et moi aussi : il faut que je tienne, je n'ai pas le choix. L'abandon serait une épreuve trop grande pour moi, tellement que je préfèrerais finir à quatre pattes que m'arrêter maintenant.

Deux heures quarante six, kilomètre trente quatre. J'observe toujours le trentenaire devant moi, titubant régulièrement cette fois. Il me fait oublier les maudites jambes qui me lancent depuis trois bons quarts d'heure maintenant. Si lui il continue, pourquoi pas moi ? Après tout je ne boite pas encore et mes jambes me portent donc pourquoi renoncer ? J'y arriverai. Les applaudissements provenant de derrière les barrières arriveraient presque à me faire pousser des ailes. Il faut que je baisse la cadence si je veux tenir jusqu'au bout, mais je ne peux pas laisser le grand brun s'éloigner, sans lui je suis persuadé que je ne pourrais pas continuer.

Tanpis, je continue, de toute façon je n'ai plus le choix. Ce serait bête de ne plus aller jusqu'au bout maintenant. Arrêter maintenant serait encore pire que si j'avais arrêté il y a cinq minutes. J'aurai peut-être dû m'entrainer plus que cela, acheter des vraies baskets de running, travailler mon rythme cardiaque et mon souffle comme on me l'avait conseillé. Quelle tête de con je fais, ma détermination me tuera. Pourquoi être si têtu ? Je ne sais pas dans quel état je vais arrivé mais j'arriverai et c'est le principal. Quitte à payer les pots cassés, j'ai l'habitude.

Trois heures et huit minutes, kilomètre trente huit. Plus que quelques minutes, l'arrivée se fait sentir, pas autant que mes jambes mais elle se fait sentir. Il y a de plus en plus de monde sur le bord de la route. Les encouragements se font de plus en plus intense. Je tiendrai. Le boiteux est toujours devant moi, il court à la même cadence malgré sa jambe folle. Il n'a pas bu depuis un quart d'heure sous ce soleil étouffant. Je ne sais pas comment il fait. Son souffle à l'air de suivre tandis que le mien peine un maximum. J'ai l'impression que mon coeur va lâcher.

Tout s'accélère. Des gens doublent de partout. Ils se sont réservés pour la fin et ils commencent à attaquer à près de trois kilomètres de l'arrivée : je ne sais pas comment ils font. Mes maudites jambes ne me portent plus. Je me sens mal. Que se passe-t-il ? Il faut que je m'arrête. Une barrière, vite que je m'adosse ! Je ne peux pas arrêter là, c'est impossible, je DOIS continuer. On me temps une gourde de boisson énergétique. Je bois à grosses goulées tentant de reprendre mon souffle comme je peux, essayant de calmer mon rythme cardiaque. Le brun ! Où est-il ? Je ne le vois plus ! Il faut que je reparte, que je le retrouve, c'est mon seul espoir.

Je suis reparti coûte que coûte. Je dérouille cette fois et pour de bon : mes gémissements de tout à l'heure n'avaient aucune importance comparé à ce que je subis maintenant. Là j'ai une vraie raison de me plaindre mais je ne le ferai pas. Je n'ai qu'à m'en prendre à moi même. Tiens, revoilà le brun qui recommence à courir comme s'il m'avait attendu. En fait son dossard s'était détaché l'obligeant à s'arrêter un instant pour le remettre. Nous sommes à un tout petit kilomètre de notre but, ce n'est pas le moment de flancher.

Cinq cents, quatre cents, trois cents, deux-cents, cents mètres de l'arrivée, cent tout petis mètres mais les plus longs de ma vie. Je sens tous les muscles de mon corps se contracter puis s'étirer. Je sens l'air arriver dans mes poumons et les remplir avant de repartir. Je sens le sang couler dans mes veines péniblement. Je vois une arche, enfin : l'arrivée ! Oui, j'y suis ! Le brun est devant, il boite plus que d'habitude, je lis la joie l'impatience d'arriver sur son visage sans même l'apercevoir. Je ressens ce qu'il ressent. Je suis lui. Je franchis la ligne d'arrivée et je déserre les dents, me retenant de lancer un cri de soulagement, un mugissement digne du plus féroce animal de la savane.

Je ne peux plus bouger, je m'allonge dans l'herbe sans pouvoir me relever. J'y suis, j'y reste. j'ai réussi. Trois heures vingt huit de course avec un homme que je ne connais pas, qui ne m'a même pas aperçu et qui ne soupçonne même pas mon existence. Pourtant si j'ai réussi aujourd'hui, c'est grâce à lui. Il m'a donné la force et l'envie de continuer. J'ai envie d'aller le saluer mais il a déjà disparu de mon champ de vision, surement entrain d'être félicité par ses proches. En tout cas, malgré la douleur, je suis fier. Je m'appelle Sylvain, j'ai vingt trois ans, je viens de finir mon premier marathon et ce ne sera surement pas le dernier.

mercredi 28 mars 2007

Spring Session

Spring Session 2007

Il ouvre lentement les yeux. Les rayons de soleil si matinaux viennent lui bruler la pupille, l'aveuglant à la manière d'un flash d'appareil photo, mais persistant cette fois. La réveil est toujours aussi dur. Toujours ces mêmes voix grâves et sèches chaque matin, ces voix qui émanent des mêmes émissions de radio. Ce matin c'est politique. Il en a raz le bol qu'on le saoule avec ça car il le sait, rien ne peut et ne pourra changer les choses et certainement pas ces hommes et femmes en costard qui s'arrachent un poste honorifique à coups de discours mal léchés.

Ca fait déjà cinq minutes que le réveil s'est mis à émettre quelques bruits mouvementés qu'il n'écoute pas. Des débats certainement à en juger par le ton employé, la rudesse des sons et l'enchevêtrement des voix qui se coupent sans cesse la parole. Peu importe, il est déjà en retard, il faut faire vite. La salle de bain parait soudainement mieux rangée que la pièce qui lui sert de chambre à coucher. Ca fait deux semaines qu'il dit qu'il va s'en occuper mais que voulez-vous, le temps rattrape toujours celui qui le fuit. Il envie ceux qui n'ont pas accès à toutes ces technologies, à ce niveau de vie, ceux-là même qui n'ont à se soucier que de leur pêche du jour, seul moyen d'avoir quelque chose à mettre dans leur assiette.

Metro, boulot, dodo. Celui qui a inventé ce slogan populaire doit être l'homme le plus clairvoyant du monde. Dans la vie citadine qu'est la sienne, il n'a de place pour aucune autre option. Ne reste que les week-ends à occuper lorsqu'il n'est pas trop fatigué pour monter une permanence sous la couette ou qu'il n'a je ne sais quel dossier à finir impérativement au plus vite. Une vie de famille ? A quoi bon ? Surtout lorsque l'on n'a pas le temps d'en mener une à bien. Pour l'instant elle est, à près de la trentaine, inexistante et finalement c'est peut-être mieux comme ça. La luxure, le paradis immobilier auquel il rêvait jadis, l'ambition professionnelle, tout cela n'en est désormais réduit qu'à l'état de chimère. Quelle vie de chien.

Petit-déjeuné rapide. Allez zou, c'est pas le tout mais il y a cette route à faire. La clé tourne lentement dans le canon de la serrure. Un tour. Le second. Il réfléchit, songeant à tout ce qu'il aurait pu oublier et vérifiant la présence de chacun des objets de ses doutes dans son attaché-caisse. Il n'avait pas vu qu'il faisait six beau dehors. Le soleil semble perdu dans l'immensité du ciel d'une couleur océan, avec pour tous trouble-fêtes deux cumulus aussi minuscules qu'une tête d'épingle. Ca faisait longtemps qu'il n'avait pas vu un temps aussi magnifique. Le vent slalome entre les branches encore vierges des arbres en pleine montée de sève. Quelques fleurs réussissent à percer dans les plates-bandes, première couleurs éclatantes caractéristiques d'un changement de saison imminent et du retour des beaux jours.

La neige immaculé n'aura pas pointé le bout de son nez cet hiver, laissant place à un temps maussade. Le ciel grisâtre et dépressif d'une planète infectée par cette vérole qu'est l'homme n'a libérée sur nos terres et goudrons que de la simple pluie qui n'aura même pas eu le temps de geler. Mais cette fois c'est différent. Il y a d'abord ce vert du gazon bientôt bon à subir la première tonte de l'année, puis ces jonquilles. Les bougeons apparaissent, bercés par le balancement des branches sous l'effet d'une brise venant du sud. Il ne sait pas pourquoi mais tout ça lui fait oublier ce qu'il est, où il est. Les gamins qu'il croise arrivent même parfois à lui extirper un sourire. C'est comme si toute la Terre se remettait en marche d'un seul coup de baguette magique. La vie, l'amour reviennent avec le beau temps. Il s'appelle Pierre, il a vingt-neuf ans et c'est le printemps.

dimanche 4 mars 2007

Nocturneries

Pleine lune

Samedi soir, ou dimanche matin je ne sais plus bien. Plutôt matin à vrai dire vu l'heure qu'il est : 5h. Je suis seul, dans les rues désertes de mon village, à me balader et à profiter de cette pleine lune si ronde et lumineuse par ce ciel dégagé. Elle éclaire tellement ma route qu'elle fait naître des ombres si inhabituelles à une telle heure de la nuit. L'impression de la perfection du cercle définit par sa lumière réfractée me laisse songeur.

Oui je suis seul, dans la nuit, à me promener ou plutôt à rentrer chez moi à une heure tardive pour certains, matinale pour d'autres. Quand certains se lèvent pour travailler ou quand d'autres dorment paisiblement, moi je marche dans la pénombre si claire en ce jour de mars. La brise vient s'éclater sur mon visage pour laisser place à une étrange sensation que l'homme a traduit par ce concept de "froid". Pourquoi un tel nom d'ailleurs ? Cette sensation familière me fait endurer mon manteau.

Aucune lumière devant moi, aucune voiture, juste quelques rires et quelques lampes quelques centaines de mètres derrière moi qui émanent du lieu que je viens de quitter. La nuit est si douce, si fraîche et si légère. Le néant qui s'offre à moi, ce no man's land d'un nouveau genre me fait réfléchir, me fait penser, me fait rire, me fait pleurer. Joyeuse mélancolie du soir, quand tu nous tiens tu ne nous laisse plus nous échapper et quand tu nous quittes tu le fais à notre grand désespoir.

Alors c'est décidé, je veux conserver ce sentiment, l'entretenir et l'explorer, le découvrir, le disséquer, l'analyser et le comprendre. Qu'est-ce que je ressens ? Qu'évoque à mes yeux cette solitude soudaine et pourtant si courante ? Oui, effectivement, je suis un éternel solitaire, insaisissable à mon grand regret, tellement que je n'arrive pas moi même à saisir le tenant de mes propres pensées. J'aime la solitude et je la regrète, je me complais dans cette fichue vie qui est la mienne en ayant en moi le démon qui me dicte l'envie de tout changer.

Seulement en serais-je capable ? Me changer ? Me faire autre ? Je pense que c'est au dessus de mes forces. Pourquoi essayer de devenir un autre ? Parce que cet autre que l'on veut devenir on le connait mieux que nous même. Ce serait tellement facile de passer de la terre inconnue à un territoire conquis. Et puis merde, finalement je suis bien dans la rue, seul dans le noir à la lumière de cette lune si lointaine. Cette lune sera pour un soir ma muse. Cool nan ? Tiens, il faudra que je vous blogue ça un de ces quatre moi....

jeudi 22 février 2007

Renaître par le sport

          On a beau dire, le sport il n'y a que ça de vrai. Vivifiant, tonifiant, déstressant, quoi de mieux que deux heures de sport pour s'affranchir de tous ces tracas quotidiens qui nous poursuivent sans cesse ? Lorsque l'on n'en fait pas, aucune sensation de manque, aucune envie d'en faire non plus, un peu comme le blogging en fait. Lorsqu'on le pratique, une sensation de bien être nous envahit sans même qu'on s'en aperçoive.

Une fois crevé, à bout, transpirant, odorant et essoufflé, on prend conscience de tout le bienfait que cela nous apporte. Comme chacun peut trouver un pied à sa chaussure (Oui, la réciproque est également vraie), chacun peut trouver un sport à son niveau, mais également et surtout un sport qui lui plaise, qui lui donne envie de se donner à fond chaque fois qu'il le pratique.

Renaîssance ? Vous pensez peut-être que le mot est un peu fort, et bien pas du tout. En plus des vertus précédemment citées, plus une vertu soporifique qu'il n'est, je crois, pas la peine de mentionner, le sport a un effet psychique : quoi de mieux pour flatter son ego que de se voir faire des progrès ? Quoi de mieux également qu'une défaite pour le remettre à sa place ? En club ou entre amis, en compétition ou en entrainement, rien de tel qu'un bon match vous ne trouvez pas ?

Tout ça pour dire que les deux heures de badminton du jour m'ont fait un bien fou. Demain ce sera volley ou bad à nouveau pendant deux heures mais au lycée cette fois et selon l'humeur de mon professeur. Moins palpitant déjà. Je regrette presque de ne pas pouvoir aller à ma séance hebdomadaire d'escrime demain soir. Tanpis, on remettra ça à une autre fois. Et vous, vous pratiquez du sport ? Lequel ?

Ha, tant que je vous tiens : ralentissement de rythme ce weekend avec quelques sorties prévues, vous ne vous étonnerez donc pas de la baisse de régime à laquelle les vacances vont, je pense, mettre fin. Et puis si vous êtes parisien, je suis du côté de Montparnasse jeudi prochain pour participer au Blog Show de la semaine. On peut envisager une petite rencontre si ça vous dit. Bon, c'est pas le tout, mais j'ai comme une envie de dormir moi...

lundi 12 février 2007

Derrière un pseudo se cache un homme...

L'ère du numérique tend à nous faire oublier le corps et à restreindre l'esprit à la seule résultante des quelques mots enregistrés dans une base de donnée. Mais il ne faut pas oublier le principal : derrière chaque assemblage de lettres appelé pseudo, derrière chaque identité virtuelle errant dans un monde bien réel synthétisé par quelques lignes de zéros et de un se cache un homme, un vrai. Cela est d'autant plus vrai lorsque l'on s'appelle, ou plutôt lorsque l'on se fait appeler M@téo21.

Logo du Site du Zéro

Derrière ce pseudo se cache bien plus qu'un simple internaute lambda, il s'agit d'un homme qui a des ambitions et qui entend les réaliser. Coûte que coûte, il le fera. La passion d'entreprendre, la passion de rêver, de réaliser et de partager, voilà autant de choses que nous avons, je pense, en commun. C'est ce qui nous arrache à ce monde ou la passivité devient le quotidien de la masse, où l'individu est materné et où la prise de responsabilité tient encore du miracle.

J'ai aperçu pour la première fois la plume de Matthieu Nebra il y a maintenant quelques années en tant que lecteur, avant de connaître ses sauts d'humeur en tant que modérateur, pour enfin réussir à percer l'homme lui même en tant qu'observateur. Trois positions évolutives que j'ai pris plaisir à occuper et qui témoignent de ma propre évolution dans les deux mondes parallèles que sont le virtuel et le réel.

Ces ambitions, Matthieu les a toujours eu. C'est celles qui l'ont poussé à l'âge de 14 ans à créer un site pour expliquer à sa façon la création de site Web qu'il pensait mal abordée dans les ouvrages papier. C'est de cette manière qu'il a fondé sa communauté, le Site du Zéro, dont le nombre de membres dépasse aujourd'hui toutes ses espérances. Cette même fougue qui lui a fait réaliser son premier ouvrage papier édité en octobre dernier après plusieurs mois d'écriture.

Vous seriez bien loin du compte si vous pensiez qu'il en était resté là. C'est le mois dernier qu'il a annoncé la nouvelle : il décide avec son acolyte et codeur Pierre DUBUC, alias karamilo, de créer son entreprise nommée Simple IT. Son but premier : légaliser et amortir son implication chronophage dans ce site qu'il administre depuis un peu plus de sept ans.

Logo Newbies Paradise

Non content d'atteindre désormais les 8 millions de pages vues par mois pour le Site du Zéro, c'est désormais à l'internet anglophone qu'il s'attaque avec une traduction de ses cours dans la langue de Shakespear. Le site Newbies Paradise vient d'ouvrir aujourd'hui même au public après des mois de préparation. L'esprit reste le même que le site originel : simple, concis et léger. Bref, un atmosphère idéal à l'apprentissage.

Certains le définiront sous les traits d'un chieur, d'autres diront "perfectionniste", d'autres encore n'hésiteront pas à le déifier ou à le détracter, mais ce qui compte malgré tout c'est que Matthieu Nebra ait des idées mais aussi qu'il fasse de ses rêves des réalités. Même si je n'ai jamais eu le loisir de lui serrer la pince autrement que virtuellement (ce à quoi je compte bien remédier tôt ou tard), je peux vous le dire, ce bonhomme là est déjà un grand, et pas que par la taille.

- page 2 de 3 -