De la passivité de l'internaute moyen...
Par Deeder le dimanche 6 avril 2008, 15:47 - Web en vue - Lien permanent
Etre internaute, c'est être présent sur la toile, y naviguer pour quelque raison que ce soit. Mais que ce terme est vaste ! Un internaute peut être un lecteur, un auteur, un photographe, un critique, voire même tout cela à la fois. Il y a tant d'usages différents de l'internet que chacun peut inventer celui qui correspond le mieux à ses attentes et c'est d'ailleurs pour cela que ce média est devenu si populaire.
Un étude vient de montrer que seulement 10% des internautes sont des créateurs de contenu tandis que 19% seulement se contentent de publier des commentaires sur certains blogs ou sites ainsi que de déposer des critiques et avis sur des sites marchands. 40% disent n'être que des lecteurs amateurs de contenus aussi bien textuels que vidéos et près de 53% des internautes déclarent être totalement passifs.
Voilà qui dresse le portrait de l'internaute moyen (cette étude a été réalisée dans de nombreux pays) : il est passif et au final peu de lecteurs prennent part à l'éventuelle conversation qui peu prendre place sur l'internet. Voilà qui explique en grande partie la ridicule proportion de commentaires par visite qui sévit dans la blogosphère mais également sur les sites à grand trafic que sont les sites de presse en ligne par exemple.
Reste à déterminer les causes de cette faible participation en ligne : serait-ce dû aux difficultés techniques liées à la publication en ligne ? A une quelconque réticence à pouvoir être lu par n'importe qui ? A la méconnaissance des technique de publication ? Au désintérêt de l'expression de son opinion ? La question reste entière. Jouir d'une liberté d'expression n'est pas tout : il faut savoir saisir cette chance et l'employer à bon escient. Et vous, la saisissez-vous ? 

Commentaires
J'ai constaté une partie du "problème" dans mon école: 3 promos d'environ 100 personnes. Un taux d'équipement PC/internet qui doit avoisiner les 70% minimum. L'école met à notre disposition un système de mailbox/conférences qui a l'avantage d'avoir un "carnet de contact" déjà rempli avec tous les élèves et le personnel de l'école.
Mais ça reste un système de mail... pas pratique pour diffuser des informations "statiques" c'est-à-dire des informations qui ne vont pas changer au cours de l'année et qui peuvent être recherchés à tout moment de l'année (par exemple des infos sur les clubs, sur des évènements à long terme). J'ai alors pris l'initiative de mettre à disposition des élèves une plateforme qui remplirais ce besoin. Wiki, blog, forum? La solution la plus facile d'accès m'a semblé être le forum. Résultat? Après 1 mois le nombre d'inscrits s'est stabilisé à 26 (sur environ 300 personnes) avec 3 posteurs de messages (dont moi).
Compte tenu de la situation j'en ai déduis que les gens se contentent du premier moyen qu'ils trouvent pour s'exprimer. Peut importe ses limitations. On peut faire l'analogie avec Linux: vous aurez beau promouvoir ses avantages (ou plutôt les limitations de windows), les gens ont un système qui fonctionne a peu près et ils s'en contentent.
Donc de deux choses l'une: soit "nous" (les "technophiles"), nous créons des besoins artificiels en terme d'accessibilité et de diffusion de l'information, soit le grand public est incapable de voir les possibilités qui s'offrent à lui et dans ce cas, nous allons devoir leur montrer...
J'ai remarqué que (surtout dans le monde de l'informatique), les gens préféraient avoir quelque chose tout de suite sous la main quitte à ce que ce soit pas le meilleur que d'aller chercher ce meilleur... ce que Microsoft a très bien compris.
Je connais cette étude, c'est la règle des 90 %. À vrai dire, je n'ai aucune idée de ce qui pousse les gens à ne pas faire partie des 10 %.
La flemme? L'habitude? La perspective de l'effort à court terme non contrebalancée par la perspective du gain d'efficacité à long terme? La peur de ne pas réussir à maitriser le nouveau support? La peur de l'inconnu? La méconnaissance de l'étendue des possibilités?
Ces questions appartiennent à des champs différents... je pense que selon la situation, leurs raisons varient.
Ginko > L'anecdote que tu racontes ici ne me surprend que peu. Il est très difficile de changer les habitudes des gens une fois qu'ils les ont prises. Pire encore, ces derniers sont réfractaires à la nouveauté, quelle qu'elle soit.
Diti > Si nous le savions, il serait beaucoup plus aisé d'inverser les pourcentages. Malheureusement, je crois que ça restera un mystère encore longtemps...
je tombe sur cet article et je me dit : mon dieu que c'est vrai...
J'ai un site avec newsletter , formulaire de contact etc...et parfois j'ai quand même l'impression d'être en face d'un grand vide ...
je pense que "La perspective de l'effort à court terme non contrebalancée par la perspective du gain d'efficacité à long terme?" est une bonne définition pour expliquer la passivité de l'internaute.
Mais Si les gens ne se sentent pas concernés par ce qu'il y trouve, il ne feront pas l'effort "de"..Peu être aussi que l'habitude des médias "passifs" reprend le dessus :les un peu plus de 50ans de TV aurait il eu raison de nous?.
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