Les ventes d'albums ont chuté de 15% en 2007... Et alors ?
Par Deeder le samedi 5 janvier 2008, 21:51 - Bac à sable - Lien permanent
Voilà encore que l'on nous assomme, comme chaque année depuis maintenant quelques temps, avec cette rengaine de la baisse des ventes d'albums. Le temps d'un instant, les majors font leur Cosette pour se faire plaindre, mais surtout accuser le téléchargement illégal de cette soi-disant perte de vitesse. Voilà un argument de plus, qui est d'ailleurs leur argument phare, en faveur des DRM et des mesures restrictives face à la consommation de musique en ligne.
Mais nous ne sommes pas dupes ! Alors que cette chute des ventes d'albums fait les gros titres des journaux, les maisons de disques oublient de mentionner une croissance générale de 14% du marché de la musique[1]. Inutile non plus de s'embarrasser de la vente de la musique en ligne qui a augmenté cette année de 45%. Pourquoi donc parler de tous ces chiffres qui n'ont rien de négatifs et qui ne permettent pas de hurler à l'assassin à chaque musique écoutée en ligne ?
S'il est vrai que la croissance du marché est moins forte que l'année précédente avec 14% au lieu de 19%, il serait bon que les majors ne remettent pas en cause les consommateurs de musique mais plutôt leur inertie face à un marché en plein mouvement. La demande évolue, les technologies également, et au lieu de favoriser la vente de musique en ligne, on crie au loup à chaque album qui reste sur l'étalage.
La mort du CD est la reproduction à l'identique à la mort du 33 tours et de la K7 audio à cela près qu'il est remplacé par un format numérique impalpable que l'on a l'impression de ne plus contrôler. Pourtant, les fichier musicaux sont aussi facilement échangeables et copiables qu'un CD ou une cassette audio, alors pourquoi tant de bruit ? Jamais les lois n'ont été aussi restrictives envers l'utilisation d'un bien obtenu légalement, jamais nous n'avons vu fleurir autant de mesures de protections différentes...
Ce ne sont pas aux consommateurs de s'adapter au bon vouloir des majors, mais plutôt aux majors de suivre l'évolution du marché qui suit inexorablement l'évolution de la technologie. Si la vente de titres ne rapporte pas une assez forte croissance, il faut savoir se diversifier et trouver d'autres sources de revenus. Nous pouvons prendre l'exemple de la diffusion de clips musicaux en vidéo qui pourrait être monétisée par l'ajout de publicité ou par le placement de produit par exemple. Le développement de services rattaché à la consommation de musique en ligne pourrait également rapporter gros ou que sais-je encore.
A force d'agresser le consommateur, le marché ne s'en portera que plus mal. L'écoute de musique doit bien évidemment rester contrôlée un minimum pour éviter les débordements mais elle doit avant tout rester libre. La technologie numérique, le P2P, la copie de disques ne sont pas des armes qui servent à mener une guerre contre les artistes et ne doivent pas empêcher leur juste rémunération, il s'agit juste de savoir les employer à bon escient pour en faire des alliés dans la promotion d'un produit, et plus encore la valorisation d'une industrie.
Notes
[1] Tous les chiffres donnés dans ce billet sont tirés du journal en ligne Le Monde et sont relatifs au marché américain..

Commentaires
Un très bon article, je vais donc en faire profiter mes lecteurs ^^ (comme celui sur les ventes du iPhone d'ailleurs
) !
Franchement, continue comme ça, c'est toujours un plaisir de te lire !
Oups, les trackbacks ne semblent pas marcher par contre !
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<error>1< /error>
<message>POST request needed</message>
</response></code>
Merci. Je viens de vérifier : les trackbacks marchent bien. Par contre, il se peut que Dotclear 2 (que j'utilise) soit un peu trop pointilleux avec la normalisation des trackbacks, d'où l'éventuel problème. Mais réessaye tout de même.
« Les ventes totales,…ont tout de même augmenté de 14%… »
À lire cette phrase dans l'article on a presque envie de taper sur le journaliste. C'est quoi cet article qui fait le jeu des majors « Nouvelle chute des ventes d'albums aux États-Unis en 2007 » (quelqu'un a un mouchoir ? ) alors qu'en fait ça progresse dans son ensemble.
Le journaliste cherche un titre vendeur, et les majors cherchent à se faire plaindre : un cercle vicieux en somme.
Et comme toujours, un facteur très influant est également oublié : Les changements sur la répartition des finances des ménages.
Il y a quelques années, il n'existait ni internet, ni les téléphones portable, ni l'informatique pour une très grande partie de la population. Toutes ces nouveautés qui s'installent chez les particuliers, c'est autant d'argent qui ne peut pas être placé dans d'autres loisirs, dont la musique.
Avec un abonnement à internet à 30 euros, un abonnement téléphone à 30 euros (ça doit être au moins ça en moyenne non ?), et l'achat régulier de matériel informatique (tout est fait pour que le matériel ai une durée de vie assez courte)...... Ça représente une somme énorme chaque année qui, il me semble, n'a pas réellement d'équivalent dans le passé. Donc fatalement, ces nouvelles dépenses ont un impact énorme sur le reste des finances du ménage.
Mais ça il ne faut pas en parler.... après on pourrait réaliser que leurs histoires de baisse des ventes et de méchants pirates c'est juste pour se faire plus de fric.
MisterV > J'ai pour ma part préféré de me contenté à relever l'incohérence entre les conclusions souvent présentées commes désastreuses d'une économie qui est en réalité en pleine croissance. Il est vrai que ce qu'on appellera le "pouvoir d'achat" n'est pas comparable à travers les années puisque les besoins technologiques évoluent également, engendrant des dépenses d'équipement ou d'accès à certains services qui, à y penser, sont très élevées.
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