Ne me traitez pas de fou, ce billet est tout ce qu'il y a de plus sérieux et son titre n'ets que le reflet des avancées de la science. Si l'on vous parle de la molécule d'H20 et de ses états, vous vous contenterez surement d'énumérer la glace froide que nous avons l'habitude de manipuler, l'eau à l'état liquide et la vapeur. C'est un bon début mais tout ignare que vous êtes (c'est à dire au moins autant que moi), vous pensez avoir fait le tour de la question. Manque de bol c'est une réponse qu'on pourrait qualifier de lacunaire.

En effet, nous sommes loin, encore aujourd'hui, de connaître toutes les formes que peut prendre l'eau. Rien que la glace ne comporte pas moins d'une douzaine d'états dont vous ne connaissez que celui qui fond dans votre pastis dominical. En effet, augmenter la pression à laquelle sont soumises les molécules d'eau a habituellement l'effet de les réchauffer pour leur donner l'état de gaz. mais il suffit alors que les conditions appliquées deviennent extrêmes en avoisinant les 3 Gigapascal pour que l'eau se transforme alors facilement en solide.

Et c'est précisément ce qu'on fait les chercheurs du Sandia National Laboratories situé à Albuquerque (Nouveau Mexique) : grâce à leur machine nommée la Sandia’s Z machine, Daniel Dolan a fabriqué ce type de glace dont la particularité est d'atteindre une température supérieure au point d'ébullition de l'eau et qui se forme en moins de, tenez vous bien, 100 nanosecondes !

Selon les scientifiques, au dessous de 70 000 atmosphères (ou atm), soit 70 000 la pression que nous subissons à la surface de la Terre, l'eau se trouble, signe de la présence d'un précipité solide qui s'apparente à de la glace. Cependant, au dessus de 70 000 atm (une pression équivalente à celle que l'on pourrait subir à 700 000m de profondeur dans un océan), l'eau alors entièrement transparente est uniquement présente à l'état solide. De la même manière, en dessous des températures nécessaires à une transformation de l'eau en glace, elle redevient liquide sous son état dit "supercooled".

A quoi peuvent bien servir de telles recherches ? L'étude du comportement des matériaux dans des conditions aussi extrêmes sert tout simplement à prévoir leur réaction et à penser leur usages différemment dans des domaines tels que l'armement et la défense, la fabrication de nouveaux matériaux ou d'autres cas pour lesquels les matériaux sont soumis à des épreuves diverses. Ces découvertes apportent également d'autres questions telles que la véritable nature de l'eau à la surface de Neptune. Une chose est sûre, rien de marketing dans tout cela : j'imagine mal un glaçon à plus de 100°C dans mon apéro... ;)

Plus de détails physico-technologiques dans cet article en anglais.