Pleine lune

Samedi soir, ou dimanche matin je ne sais plus bien. Plutôt matin à vrai dire vu l'heure qu'il est : 5h. Je suis seul, dans les rues désertes de mon village, à me balader et à profiter de cette pleine lune si ronde et lumineuse par ce ciel dégagé. Elle éclaire tellement ma route qu'elle fait naître des ombres si inhabituelles à une telle heure de la nuit. L'impression de la perfection du cercle définit par sa lumière réfractée me laisse songeur.

Oui je suis seul, dans la nuit, à me promener ou plutôt à rentrer chez moi à une heure tardive pour certains, matinale pour d'autres. Quand certains se lèvent pour travailler ou quand d'autres dorment paisiblement, moi je marche dans la pénombre si claire en ce jour de mars. La brise vient s'éclater sur mon visage pour laisser place à une étrange sensation que l'homme a traduit par ce concept de "froid". Pourquoi un tel nom d'ailleurs ? Cette sensation familière me fait endurer mon manteau.

Aucune lumière devant moi, aucune voiture, juste quelques rires et quelques lampes quelques centaines de mètres derrière moi qui émanent du lieu que je viens de quitter. La nuit est si douce, si fraîche et si légère. Le néant qui s'offre à moi, ce no man's land d'un nouveau genre me fait réfléchir, me fait penser, me fait rire, me fait pleurer. Joyeuse mélancolie du soir, quand tu nous tiens tu ne nous laisse plus nous échapper et quand tu nous quittes tu le fais à notre grand désespoir.

Alors c'est décidé, je veux conserver ce sentiment, l'entretenir et l'explorer, le découvrir, le disséquer, l'analyser et le comprendre. Qu'est-ce que je ressens ? Qu'évoque à mes yeux cette solitude soudaine et pourtant si courante ? Oui, effectivement, je suis un éternel solitaire, insaisissable à mon grand regret, tellement que je n'arrive pas moi même à saisir le tenant de mes propres pensées. J'aime la solitude et je la regrète, je me complais dans cette fichue vie qui est la mienne en ayant en moi le démon qui me dicte l'envie de tout changer.

Seulement en serais-je capable ? Me changer ? Me faire autre ? Je pense que c'est au dessus de mes forces. Pourquoi essayer de devenir un autre ? Parce que cet autre que l'on veut devenir on le connait mieux que nous même. Ce serait tellement facile de passer de la terre inconnue à un territoire conquis. Et puis merde, finalement je suis bien dans la rue, seul dans le noir à la lumière de cette lune si lointaine. Cette lune sera pour un soir ma muse. Cool nan ? Tiens, il faudra que je vous blogue ça un de ces quatre moi....