Anniversaires : quand les cartes s'en mêlent...
Par Deeder le jeudi 16 novembre 2006, 23:45 - Comme une plume - Lien permanent
Tradition sempiternelle du carton classe, sobre ou humoristique dont le slogan imprimé sur la face glacée varie en fonction du destinataire et de sa qualité, les cartes immortelles, soigneusement rangées dans les boites à chaussures datant de ces années dont on n'a que peu de souvenir et qui dorment au fond d'un des placards dans lequel on cherche généralement en dernier l'objet quelconque dit a disparu par on ne sait quelle prestidigitation, elles ne nous quittent pourtant pas.
A l'heure du numérique et de l'internet, on pourrait laisser place à la carte électronique, nouveau genre de spam au marché explosif, mais il n'en est rien. Elle subsiste, tant bien que mal, à travers les ages. Ecrite ou vierge, du message de quelques dizaines de lignes qui restera en nous éternellement jusqu'au verso blanc qui n'a pas été souillée par l'encre d'un stylo bien souvent baveux, tout le monde en a reçue ou écrite au moins une.
L'un des moment privilégié à cet échange bien souvent unilatéral, de ce qui reste de nos communications manuscrites qui se démarquent du Times New Roman ou de l'Arial qui font désormais partie de notre quotidien, reste la date qui revient hélas trop peu souvent pour la personne en question et trop souvent pour les autres : la date d'anniversaire. Entre les pessimistes qui envoient leur carte quelques semaines à l'avance de peur de l'oublier ou de peur de l'apparition soudaine de ce fléau qu'est la grève des PTT, et les retardataires qui s'excusent de l'oubli sous le prétexte d'une excuse bidon ou d'une carte au message imprimé en relief et spécialement pensé pour eux (tellement ils sont nombreux), le tempérament de l'expéditeur est encré[1] sur le carton.
Le moment que l'on retarde le plus est celui de l'écriture, d'où l'envoi fréquent d'une photographie bien souvent vierge. Refuge de l'inspiration aussi bien que du texte type préfabriqué et inchangeant au fil du temps, le verso se dévoile peu à peu sous la plume de l'écrivain d'un jour. Malheur à celui qui ose innover en se débarrassant des stéréotypes les plus courants, pour laisser aller son imagination. En effet, il suffit d'une fois pour que l'on vous le recommande à chaque fois, et l'engrenage infernal est ainsi lancé.
Pour ma part[2], je déteste le conformisme et je déteste faire ou en l'occurrence écrire deux fois la même chose. Comme sur mon blog, la plupart du temps je me lance sans réflexion sur un coup de tête, et je crache ma prose brute et maladroite sur le carton immaculé. Un brouillon ? Pourquoi faire ? Il s'agit là même d'une perte de temps ! C'est ainsi que chaque année, en été, je me vois écrire à mes soeurs et le même jour ! Parce qu'en plus il a fallut qu'elles soient jumelles... L'inspiration n'est pas un problème car depuis des années je m'emploie à changer d'idée non seulement chaque année mais pour chaque carte. Bien que ce soit parfois plus difficile que d'autres, l'idée, emportée par la folie me guide dans un élan créateur, qui fera la joie de celui qui lira ces lignes uniques.
Sur ce, je m'en vais coller un timbre et envoyer la carte, priant le bon Dieu pour qu'elle arrive à temps. Ha, et j'oubliais : Bon anniversaire Stéphane ! 


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