DADVSI : Un débat sans queue ni tête...
Par Deeder le vendredi 3 mars 2006, 16:04 - Bac à sable - Lien permanent
Et oui, j'ai décidé de reparler de la loi DADVSI. Certains vont sûrement en avoir marre des billets critiquant toujours les mêmes points de la loi mais celui-ci ne s'arrête pas là. En effet, DADVSI, on en parle beaucoup, on en parle partout mais on ne peut jamais s'exprimer librement ou correctement dessus. Les débats sont soit trop anarchiques, soit trop manichéens voire même totalement déplacés. A défaut donc de pouvoir m'exprimer ailleurs, je vais m'exprimer ici, après tout, je suis chez moi ! 
Bref, qui m'aiment me lisent ! 
Cette fameuse loi est trop souvent jugée abérante par les internautes et trop juste par les artistes. Je ne pense pas que l'un et l'autre n'aient raison. C'est un débat sans queue ni tête qui risque de ne mener à rien si chacun continue à se borner et à rester sur ses positions.
Le véritable but de DADVSI est de relancer l'économie culturelle par la diminution voire la suppression (si elle est un tant soit peu possible) du téléchargement dit illégal. Pour celà, une seule solution : la pénalisation et la répression de tous les droits et libertés de l'internaute mais aussi du client X comme Y. Parce que cette loi, et on l'oublie trop souvent, ne touche pas que le P2P (mode de transfert et de partage de fichier qui en soit n'a rien d'illégal). Les DVDs, les CDs, le gravage, les logiciels libres, bref, de nombreux domaines sont également concernés. Je pense qu'il y a donc là un certain manque d'information sur les médias oubliés ou alors une sur-information concernant le domaine musical.
A l'heure ou l'industrie du disque est considérée comme étant "en crise", d'autres nouveaux médias se démocratisent et ça, il ne faut pas l'oublier. La culture ne naît pas seulement de la vente de disques, mais aussi du téléchargement dit légal, de la location de films en ligne ou que sais-je encore. Ces médias sont trop souvent oubliés dans les statistiques qui en sont alors faussés. Les achats en ligne ont vu leur marché plus que doubler en un an : on ne peut plus se permettre de les négliger ! Comme l'a très bien dit Michael Jones sur le site du gouvernement(aussi contestable soit-il, il reste quelques bonnes paroles), le téléchargement est un facteur médiatique qui ne va aller qu'en croissant au cours du temps et il faut donc s'en accommoder au lieu de le réprimer. Le véritable problème réside donc en un coût du fichier audio ou du CD qui reste encore trop cher pour ce qu'il rapporte à l'artiste.
Un autre amalgame que je vois très souvent est celui selon lequel la gratuité tuerait les petits artistes. Lorsque je vois des plateformes de téléchargement légal de musique libre comme Jamendo pour ne citer que lui, je me dit que la gratuité peut être au contraire un véritable tremplin pour ces artistes. En plus de toucher un public des plus larges, ces plateformes ont pour avantage de faire connaître des artistes, des styles de musique originaux, ou communs, et de les faire évoluer à travers des critiques constructives. Le système de dons mis en place permet aussi de rémunérer les artistes que l'on souhaite supporter et je trouve ce système formidable. La découverte alliée à la proximité de l'artiste et de la musique elle-même pour encourager des jeunes auteurs, compositeurs, interprètes ou musiciens de toute origine, de tout genre, prônant ainsi la diversité culturelle : n'est-ce pas une avancée et une philosophie de partage d'un grand intérêt ?
Qu'opposer à cette fameuse loi DADVSI ? La réponse à cette question est quasiment unanime du côté des pro-DADVSI et des extrémistes : la Licence Globale. Je suis d'accord sur le fait que cette solution n'est techniquement pas appliquable et comporte de nombreux inconvénients. Mais comprenez que nous ne souhaitons pas la mort de la culture et des artistes. Nous voulons juste un compromis ! Au lieu de nous proposer des alternatives supprimant au citoyen toutes ses libertés, essayez d'abord de consolider les solutions actuelles. L'interopérabilité des plateformes de téléchargement en ligne serait par exemple un bon point à améliorer... Et le résultat de ce test des principaux sites de téléchargement légal de musique visités sur une plateforme Linux avec le navigateur Firefox montre qu'il y a encore du chemin à faire.
Quand je pourrais télécharger librement et payer ma musique correctement à des prix raisonnables, peut-être que j'utiliserais ces services. En attendant, je devrais me contenter d'autres moyens, n'en plaise ou non certaines personnes...



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