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dimanche 22 juin 2008

Etre branché a un coût...

Non, rassurez-vous, je ne vais pas vous parler de mode, mais tout simplement du coût de la vie dans la société moderne et hyper-connectée qui est la notre. Qui, de nos jours, n'est pas joignable par téléphone portable où qu'il se trouve : chez lui, au bureau ou encore au volant du tracteur, entouré de champs de maïs, d'escourgeon et de blé. Qui de nos jours ne possède pas d'adresse email ? Nous vivons dans une société où chacun est relié d'un manière ou d'une autre au reste du monde, à n'importe quel instant. Bien entendu, ceci à un coût qui ne va pas en s'amenuisant avec l'arrivée de nouvelles offres et services.

D'après un article du Monde Informatique, le budget mensuel pour les TIC (Technologies de l'Information et de la Communication), à savoir la téléphonie mobile, la connectivité internet, etc, s'élèverait à 113€ TTC par mois. La moitié de ce budget est alloué à la téléphonie mobile dont le prix des offres croissent peu à peu sans pour autant proposer un meilleur service (tout au plus quelques options dont personne ne se sert telle la télévision mobile ou encore l'accès gratuit au portail de l'opérateur).

Pendant ce temps, les offres DATA permettant de se connecter à l'internet via son mobile, qui deviennent de plus en plus nécessaires à voir l'évolution des périphériques mobiles sur le marché, alors de plus en plus orienté Web et multimédia, se font attendre. Elles arrivent tout doucement, mais avec des prix encore relativement élevés. Elles sont surtout encore loin de devenir un automatisme puisqu'elles sont majoritairement réservées aux gros forfaits, et donc à une certaine catégorie d'utilisateurs qui doivent certainement dépasser de loin cette moyenne de 113€ par mois pour leurs dépenses en TIC.

Comparativement, le coût des forfaits basiques, sans option, pour une simple heure de communication ne fait, lui, qu'augmenter de quelques euros, sans offrir plus que ce qu'ils n'offraient il y a quelques années. Quant à l'offre d'accès Internet, les débits stagnent, les services n'évoluent plus, au même titre que les prix. Où est l'innovation ? Où est l'évolution ? Je ne puis m'expliquer cette stagnation de l'offre à une heure où la grande majorité des français sont connectés. Les FAI comme les opérateurs ont jusqu'à présent réussi à nous imposer de nouveaux besoins qui étaient inexistants il y a quelques années et semblent désormais s'en contenter au lieu de chercher à innover et à satisfaire le client en lui offrant d'avantage de services, ou encore à baisser ses prix pour attirer une nouvelle clientelle qui ne peut se permettre de dépenser un dixième de ses revenus dans un service qui n'a rien de nécessaire.

Et entre nous, je trouve cette politique bien dommage puisque nous pourrions tenter de conforter notre position internationale dans un secteur d'activité où la France n'est jusqu'à présent pas en reste, et nous pourrions ainsi faire valoir une expertise ainsi qu'une certaine avancée technologique aux yeux des autres pays développés d'Europe et d'ailleurs, de manière à booster notre économie en se faisant une place et un nom sur la scène internationale.

dimanche 15 juin 2008

La ruée ver l'or noir...

Les temps changent. Rappelez-vous bien : il y a un an, le prix du baril de pétrole était encore en dessous de la barre des 75$, tandis qu'aujourd'hui, il flirt avec la barre des 140$, soit une augmentation de près de 100% en un an. Les professionnels dont l'activité dépend de cette matière première portent le gouvernement coupable de stoïcisme, le français moyen se contente de râler après les taxes, mais rares sont ceux qui voient plus loin que le bout de leur nez. Oyez citoyens français et râleurs, aussi pléonasmique que cela puisse sembler, oyez habitants de cette Terre : n'oubliez pas de regarder ce qui se profile à l'horizon et qui ombrage votre avenir.

Pourtant, la fin de l'ère pétrolifère n'est pas si loin de l'extrémité de leur nez, à quelques centimètres tout au plus. Les citoyens comme les gouvernement préfèrent rester aveugles que de loucher sur cette problématique qui, bien qu'abordée depuis des années, n'a encore pas trouvé de solution. Au lieu de se reconvertir à long terme de manière à ne pas déstabiliser l'économie sur laquelle notre croissance est fondée, la politique de la docte-ignorance face conséquences imminentes de la flambée des hausse du pétrole et à plus forte raison encore de sa disparition définitive à long terme, couplée à l'inaction des dernières décennies nous ont emmenés dans une impasse.

D'un côté, on incrimine les taxes alors qu'il est juste qu'une énergie si polluante que celle issue de la combustion du pétrole, sous toutes ses formes plus ou moins raffinées, soit fortement taxée et qu'il serait encore plus insensé de réduire ces mêmes taxes, puisque ce faisant, nous pousserions à la consommation d'une matière première et fossile dont on sait qu'elle ne sera plus disponible en grandes quantités pour longtemps. Autrement dit, la détaxation pousserait à la consommation, ce qui impacterait grandement sur les quantités de pétrole encore disponible et induisant ainsi une hausse des prix, se répercutant d'ailleurs d'autant à la borne. Qui a prononcé le terme de "cercle vicieux" ?

D'un autre côté, on pratique la politique de l'autruche en refusant de voir l'imminence de la crise et en reportant à demain des mesures qui auraient pu être prises hier. Ces mesures sont pourtant nombreuses, de l'industrialisation de nouveaux carburants (l'huile de colza fait des tourner à merveille les tracteurs qui sillonnent ma campagne ardennaise) au remplacement de certains polymères constituant la plupart des matières plastiques que nous côtoyons chaque jour par des bio-polymères qui ont en plus l'avantage d'être biodégradables. Si nous avions pensé à cela auparavant, peut-être aurions nous encore des bouchons de taille décente sur nos bouteilles en plastique[1].

Pris à notre propre jeu, nous ne pouvons désormais plus reculer. Il reste à espérer que l'explosion de la bulle spéculative qui se forme autour du pétrole et de ses marchés, programmée par les analystes pour dans deux ou trois années, nous offre un sursis assez long pour développer une économie parallèle et indépendante du pétrole, et ce notamment grâce au réinvestissement des plus-values générées par la chute du prix du baril inhérente à l'explosion de cette bulle spéculative dans les énergies nouvelles. Du moins je l'espère de tout mon coeur car cet espoir est le dernier qu'il nous reste. Sans cela, je ne crains que le prix à payer pour une telle insolence de notre part que celle de n'avoir su écouter les spécialistes ne puisse trouver à ce jour sa place dans notre imaginaire. Le prix économique et humain sera très dur à payer et laissera des stigmates que le temps n'est pas prêt d'effacer.

Heureusement que je crois en l'homme et que se morfondre n'est que la pire et la plus inutile des options qui s'offrent à moi, sinon je crois que j'y aurais déjà cédé depuis bien longtemps. Mais les épreuves ne sont-elles pas là pour nous faire sortir de nos retranchements ?

Notes

[1] Je soupçonne fortement la hausse du prix du pétrole d'être à l'origine de ces économies de bout de chandelles, mais néanmoins nécessaire à la viabilité de ces industries, manifestées par la récente réduction par un facteur deux de la taille des bouchons obturant les bouteilles plastiques.

mercredi 4 juin 2008

[Vidéo] Réponse par pub interposée : nos voitures ne sont pas faites pour danser.

Vous avez certainement déjà vu le publicité de Citroën, surfant sur le buzz autour de la sortie du film Transformers. Leurs spots orientés autour d'effets graphiques pour le moins impressionnants et inhabituels pour des spots publicitaires de ce type, ont fait grand bruit. C'est pour répondre à cette campagne publicitaire que Chevrolet a décidé de créer ses nouveaux spots sur ce thème. L'idée conductrice de cette vidéo est la suivante : peu importe que votre voiture se transforme ou fasse des dizaines de choses incroyables si elle ne peut pas rouler... Une réponse ma foi des plus intelligentes et des plus humoristique, bref vous l'aurez deviné, je suis conquis ! Pas vous ?


The Robot Blues!

Via encore une fois l'excellent Marketing Alternatif.

mardi 3 juin 2008

Mozilla et le marketing font-ils bon ménage ? (suite et fin)

Il semblerait que le billet posté dans la nuit de dimanche à lundi n'ait pas fait l'unanimité, et pour cause : je pense qu'il a été mal compris. Après un entretient téléphonique d'une demi-heure avec Tristan Nitot cet après-midi, il me semble nécessaire de rectifier ce billet avec les précisions et rectifications que ce dernier m'a apporté ainsi que de préciser ma position face au Download Day.

Première erreur de ma part, le précédent billet aurait dû être lu et écrit au conditionnel : cet évènement mène selon moi à deux issues selon la manière dont il est géré. Comment savoir à quel point cet évènement a été préparé ? C'est là tout le problème puisque cette même ignorance a déclenché l'écriture de ce billet. Bien évidemment, je suis un libriste convaincu et je défends les mêmes valeurs que celles colportées par la Mozilla Foundation. Loin de moi donc l'idée d'incendier la fondation que je soutiens depuis maintenant plusieurs années. Comme je l'ai précisé par ailleurs, ce record est une formidable occasion de faire connaître Firefox (et par ce biais, le logiciel libre) à une nouvelle cible d'utilisateurs. En cela, je supporte cette initiative qui est d'ailleurs des plus originales.

Mais (car il y a bel et bien un "mais"), ce furent les possibles conséquences d'une action marketing de ce type que je redoutais. J'emploie ici le passé puisque Tristan a réussi à me convaincre (ou me persuader, diront à tort les mauvaises langues) que la Fondation Mozilla est prête à relever ce défi technique auquel ils auront à faire face le jour J.

Mozilla possède donc deux datacenters, un à St Jose et un autre à Amsterdam, qui furent capables d'absorber près de 1,6 millions de téléchargements en 24h l'année dernière. Ainsi, les seuls ralentissements causés pas l'utilisation de Firefox 2 lors de la sortie furent simplement dus au téléchargement du filtre anti-phishing intégré dans ce navigateur (près de 50mo à télécharger). La mise à jour de la version 2 à la version 3 du navigateur n'entraînera qu'une simple mise à jour de la base de données, dont l'occupation de la bande passante sera paramétrable donc peu gênant pour l'utilisateur. Le directeur de Mozilla Europe estime qu'après que certains aient réussi à assurer la mise à disposition de distributions linux telles Ubuntu sur leurs miroirs, ce ne sont pas les quelques mégaoctets de Firefox qui poseront problème.

Ensuite, l'argument de la surconsommation énergétique était, je le confesse, une aberration de ma part. De plus, le Guinessbook of Records dispose, semblerait-il, de personnes des plus qualifiés pour mener à bien leur tâche de validation du record. Les téléchargements frauduleux aisément repérables au niveau des logs seront décompté du total des téléchargements lorsque ces logs seront épluchés. Bref, Mozilla est très confiant face au succès du Download Day et à son déroulement.

A nouveau, je souhaite que tout se passe bien lors de cet évènement, et pour tout dire, cela semble prévu pour. Si Mozilla réussit son coup, ce sera vraiment une chance pour Firefox de se faire connaître du grand public et tant mieux. Je ne peux cependant que regretter le manque de communication concernant l'organisation interne en vue du Download Day qui m'aurait empêché, tout comme quelques autres, de d'émettre des suppositions en faveur d'un scenario catastrophe qui n'ont à priori pas lieu d'être.

Merci toutefois à Tristan Nitot de m'avoir contacté pour faire le point sur cette affaire et ainsi de permettre de rétablir la vérité sur certains points injustement critiqués dans mon précédent billet.

PS: Ce billet manque de liens et d'emphases : ils seront rajoutés ce week-end. Pour l'instant, je me contente de signer les ampoules que je me suis faites en tapant ce message sur le clavier de mon smartphone. :-)

Edit du 8 Juin : Correction de fautes d'orthographes et ajout de quelques liens.

lundi 2 juin 2008

Mozilla et le marketing font-ils bon ménage ?

Cette question arrive en même temps que la version 3 du navigateur phare de l'organisation à but non lucratif, j'ai nommé Firefox. Pour le lancement de cette version 3 prévu pour une date qui sera, comme d'habitude, annoncée "lorsque ce sera prêt", Mozilla a décidé de voir les choses en grand en organisant l'homologation d'un nouveau record du monde des téléchargements en 24h. Argument commercial s'il en est besoin, cette idée qui peut sembler anodine au premier abord ne sera pas sans conséquences et commence à être sujette à controverses.[1]

Tout d'abord, le premier problème inhérent à ces méthodes de promotions va être la saturation des serveurs et miroirs de la Mozilla Fondation qui ont déjà tendance à chauffer un peu plus que la moyenne lors de la sortie de nouvelles versions de Firefox. A moins que la Mozilla Foundation n'ait grandement améliorée sont architecture serveur pour ce seul jour, cela mènera indubitablement à des pannes matérielles comme logicielles et donc à terme à l'impossibilité de télécharger Firefox 3.

Pire encore, cette saturation induit une surconsommation électrique au niveau des serveurs ce qui, à une ère où on nous scande à tout venant les mots "écologie" et "développement durable" peut-être mal venu. Comme le souligne David de Biologeek, cette saturation assurera la mise en place de dispositifs parallèles par les particuliers pour assurer la distribution de ce logiciel. Or, les sources de ce logiciel étant accessible à tous, il serait facile de les modifier et de profiter de l'opportunité pour mettre à disposition une version vérolée de ce dernier.

Ensuite, à Tristan Nitot de préciser sur son blog que (je cite) Guinnes Book of Records va vérifier la conformité des logs pour valider le record. Soit. Je les vois mal éplucher les milliers voire millions de lignes de logs pour voir si une quelconque anomalie pouvait se cacher dans un des fichiers et je doute même qu'ils soient compétents pour le faire, mais passons. Le danger est là encore que certaines personnes ou plutôt certains geeks en mal de reconnaissance, dans leur élan de sympathie pour la Mozilla Foundation, créent quelques petits scripts assurant en continu le téléchargement du logiciel en faussant ainsi le record et en augmentant également la charge des serveurs.

Malgré tout, le record est un argument fort et plus parlant, pour la plupart des gens, que la sécurité, le support des standards du Web ou même la philosophie libre. Cela peut donc pousser à populariser Firefox sur un marché où plus que s'implanter (ce qui est déjà fort bien fait), il doit désormais se faire connaître du grand public : et en cela, le record est un atout. Est-ce que le prix à payer en vaut cependant la chandelle ? Déjà que le fait d'organiser ce concours pousse une certaine proportion de la communauté du libre à regarder la fondation de travers, puisque ce faisant, ils se rapprochent des techniques commerciales des firmes dont ils combattent la philosophie, les conséquences probables de cette initiative pourraient carrément les détourner de cette solution logicielle.

Entre le scénario catastrophe et le fameuse devise du personnage de Voltaire qui ne cesse de répéter que tout est bien dans le meilleur des mondes, le futur nous dira lequel colle le plus à la réalité et nous amènera à l'une des deux conclusions suivante qui, bien qu'éloignées, sont toutes deux possibles : soit Firefox gagnera en popularité, soit ce sera un échec et Mozilla descendra beaucoup dans l'estime des libristes qui sont les premiers supporters de ce navigateur. En attendant, alea jacta est.

Notes

[1] Ou comment je vais casser les rumeurs disant que le libriste que je suis ne casse du sucre que sur le dos d'Adobe et de Microsoft, même si mes billets de ces dernières semaines vont plutôt dans se sens.

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