Hihi

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Vous avez dit libre ?

Tout ici à trait au logiciel libre

Fil des billets - Fil des commentaires

dimanche 24 janvier 2010

De l'informatique culinaire...

J’ai adoré cette petite citation glanée dans un commentaire, au hasard de mes pérégrinations sur le Framablog. Elle vaut son pesant de cacahuètes :

L’informatique c’est comme faire des croque-monsieur, c’est effectivement extrêmement compliqué.
Il faut retourner un bout de terre, semer du blé, l’arroser, moissonner, battre le blé, le moudre, ajouter de l’eau du sel et du levain à la farine, pétrir la pâte, la faire lever, re-pétrir, cuire le pain, couper des tranches… Et là on a juste abordé la question de la confection du pain de mie…

L’informatique, c’est un jeu de Lego perpétuel. Quand on me dit que je m’y connais en informatique et que l’on me demande des conseils pour des choses basiques (auxquelles je n’ai pas toujours de réponse à apporter), je me demande toujours en quoi je suis plus qualifié que les autres pour y répondre. Si on fait abstraction de la technologie et que l’on regarde simplement les outils qui nous sont fournis en tant qu’utilisateur final, quoi de plus simple que l’informatique ? Quoi de plus facile que d’installer un logiciel et que de faire joujou avec pour en découvrir les fonctionnalités ?

Vous n’avez pas besoin de comprendre comment est fait le pain de mie pour faire des croque-monsieur, vous n’avez pas besoin de savoir programmer pour utiliser un logiciel. Mais si ce logiciel est libre, vous disposez de sa recette, et si ça vous tente, rien ne vous empêche de faire cuire votre propre pain de mie. Mais en cuisine comme en informatique, le principal moteur est la curiosité et l’envie d’essayer voire d’innover.

Arrêtez donc de dire que vous n’y connaissez rien en informatique : tel un enfant de 5 ans qui sait casser des oeufs pour faire un gâteau, vous savez télécharger et installer un logiciel les yeux (presque) fermés. Ben voilà, vous vous y connaissez en fait plutôt bien en informatique, hein. Si si, je vous jure ! Prochaine étape : rajouter de la farine, vous pensez pouvoir le faire ? ;-)

Lire l’article duquel est issue cette citation de JosephK.

mercredi 29 juillet 2009

Pourquoi le libre ?

Il n’est pas rare que l’on me demande pourquoi j’aborde relativement souvent le sujet du libre sur mon blog, par ailleurs beaucoup plus éclectique auparavant. C’est une bonne question qui nécessite une réponse digne de ce nom à travers ce petit billet.

Tout d’abord, il faut savoir que je ne suis pas un libriste intégriste comme il peut y en avoir. Je m’intéresse certes au libre et je l’utilise quotidiennement, mais je sais également reconnaître les avantages du logiciel propriétaire (Stallman dirait plutôt "privateur") lorsqu’il y en a, et je suis parfaitement enclin à l’utiliser. D’ailleurs, au quotidien j’utilise à la fois Windows et Linux selon mes besoins.

Ensuite, l’avenir de notre société me préoccupe beaucoup. Ces derniers temps ont vu naître de grands bouleversements à la fois au niveau économique (avec la fameuse crise ont on parle tant) et au niveau social. Et au milieu de tout ça, on peut voir un modèle disruptif émerger, celui du libre. Il ressemble à la fois à une réminiscence des vieux modes de collectivisation et d’entraide qui existaient autrefois, mais également à une sorte d’OVNI, avec son lot d’innovations.

Et ce modèle semble affronter la crise sans coup férir. Face à lui, le libéralisme n’a pas le vent en poupe, loin de là et les entreprises classiques vivent des temps difficiles. Et honnêtement, cela fait réfléchir. Les arguments en faveur du libre sont nombreux (je ne vais pas y revenir dans ce billet, je les ai déjà longuement abordés sur ce blog); parmi eux, la pérennité et la fiabilité des applications ainsi créées.

Alors bien entendu, tout n’est pas si rose : on cherche encore certains modèles économiques et Wikipédia ne s’en porterait que mieux si elle était indépendante financièrement. Mais peu à peu, ce système arrive à maturation et dérange de plus en plus les entreprises bien ancrées dans le secteur en leur piquant quelques parts de marché par ci, par là.

Effectivement, tout ceci reste marginal. Mais en pensant à la transposition de tels principes à d’autres domaines que ceux du logiciel ou de l’art, on peut imaginer des choses incroyables. Il n’est pas dit que cela marchera, mais qui ne tente rien n’a rien. Le libre nous offre une ouverture différente sur le monde et une perspective sociale et économique totalement divergente des concepts actuels. Ca vaut le coup de s’y pencher un peu.

Ce qui est dérangeant avec le libre, c’est qu’on a presque l’impression que c’est une démarche naturelle, mais que nombre d’entre nous ont du mal à concevoir que cette démarche puisse aboutir. En effet, on utilise le libre pour le partage des connaissances depuis bien longtemps et je ne résiste pas à l’envie de partager avec vous cette magnifique citation de Knuth :

J’ai été formé dans la culture des mathématiques, et je ne suis donc pas habitué à faire payer les gens un penny chaque fois qu’ils utilisent un théorème que j’ai prouvé. Mais je fais payer les gens pour le temps passé à leur dire quel théorème s’applique. Faire payer les services, l’adaptation et l’amélioration, d’accord, mais ne rendez pas les algorithmes eux-mêmes propriétaires.

Ca vaut le coup d’y réfléchir non ? Qu’apportent les brevets si ce n’est un frein à l’innovation ? Il est peut-être temps d’envisager de penser autrement. Et actuellement, les seuls alternatives qui s’offrent à nous sont le Libre et l’Open Source. Peut-être que dans dix ans, je prêcherai pour un autre modèle socio-économique, mais pour l’instant, c’est celui qui est à mes yeux le plus raisonnable et le plus pérenne. L’avenir me dira si j’ai ou non raison.

dimanche 30 novembre 2008

La sociologie du logiciel libre

Le libre est un mouvement qui place la collectivité en son centre pour s'enrichir de la puissance de la masse. Ainsi, la sociologie du logiciel libre n'est-elle pas une totale abstraction mais belle et bien une réalité des plus complexes. Tâchons ensemble de la décrypter afin de l'expliquer au commun des mortels.

Pour comprendre ce phénomène, tâchons de le définir simplement. Un individu crée un logiciel, fédère une communauté d'utilisateurs dont une infime partie va à son tour exploiter son potentiel pour intervenir dans le processus de création. Le logiciel ainsi modifié dispose d'un panel étendu de possibilité qui va permettre d'attirer de nouveaux utilisateurs, et ainsi de suite.

La communauté qui se forme autour d'un logiciel libre est tout d'abord plurielle en cela qu'elle est constituée de personnes mues par différents intérêts envers ce logiciel : des personnes morales ou physiques sont attirés par chacun des avantages d'une telle solution qui sont (entre autres) la gratuité, l'évolutivité, les fonctionnalités ou encore la malléabilité de ce dernier. Tout ceci fait qu'ils ont chacun tendance à vouloir voir évoluer le logiciel qu'ils ont choisi d'utiliser et ce dans des directions parfois bien différentes mais jamais totalement contradictoires.

La communauté s'organise peu à peu, des développeurs aux utilisateurs avertis et chacun a, comme dans une véritable société, son rôle à jouer : rédaction de code, rédaction de rapports de plantages, rédaction de la documentation, support sur les forums, etc. Comme dans toute société, chaque utilisateur peut trouver sa place indépendamment de son niveau de connaissances.

La hiérarchie s'établit peu à peu puisqu'il faut, à mesure que la collectivité s'organise autour d'un projet, répondre d'une voix claire et distincte aux questions importantes d'orientation de la communauté et des différentes branches qui la composent. Seulement elle tend à s'effacer pour garder intacte le potentiel de création de cette dernière qui est en fait le véritable moteur du logiciel.

L'un des rôles principal de cette hiérarchie constituée au mérite est de lancer et d'entretenir la discussion au sein même de la communauté sur des questions importantes et de trancher le cas échéant entre deux propositions qui ne peuvent être suivies simultanément sans qu'il y ait conflit. C'est ce qui se passe actuellement lorsque la Mozilla Foundation propose aux membres de sa communauté de déterminer ses objectifs pour 2010.

C'est en cela que le logiciel libre est fascinant : il s'agit de la preuve que la collectivité dispose du pouvoir de faire de grandes choses lorsqu'elle s'allie. Le fonctionnement même d'une communauté est à elle seule une mini-démocratie qui, bien qu'elle soit peu complexe, s'est formée naturellement et laisse présager que l'homme est ni plus ni moins qu'un animal social. Le logiciel libre est bien plus qu'un mouvement économique, c'est aussi quelque part une idéologie fédératrice.

dimanche 16 novembre 2008

Soutenez le logiciel libre par le biais de l'April

L'April, qu'est-ce que c'est ? Initialement, il s'agissait de l'Association pour la Promotion et la Recherche en Informatique Libre qui se décrit désormais volontiers comme, je cite, un acteur majeur de la démocratisation et de la diffusion du logiciel libre et des standards ouverts auprès du grand public, des professionnels et des institutions dans l'espace francophone depuis 1996. Avec plus de 2800 adhérents dont la plupart son des personnes physiques et de quelques centaines de personnes morales, l'association commence à faire valoir ses droits de manière significative dans toutes les discussions concernant les technologies.

Promouvoir et soutenir le logiciel libre

Quelles sont les actions concrètes qu'ils ont jusqu'ici réalisées ? Depuis le débat autour de la loi DADVSI en 2006 jusqu'à l'initiative Candidats.fr pendant la campagne présidentielle de 2007 en passant par la lutte contre la vente liée ou encore par la surveillance du processus de normalisation du format OOXML, l'association conserve un champ d'action assez large, passant de la démocratisation à la défense du logiciel libre à travers le pays.

Pourquoi soutenir l'April en y adhérant ? Si le soutien moral d'une telle association est déjà très bénéfique puisqu'elle permet d'augmenter de façon significative la crédibilité de celle-ci, elle a également besoin de fonds pour continuer ses actions militantes. En effet, une partie des cotisation est destinée à l'embauche de permanents qui vont coordonner les actions et permettre ainsi d'exprimer votre voix de libriste ou du moins de défenseur et d'utilisateur de logiciels libres lorsqu'elle est nécessaire à l'évolution d'un débat.

C'est pourquoi je vous encourage dès à présent à joindre l'April à l'occasion de la nouvelle campagne d'adhésion qui vient d'être lancée dans le but d'atteindre la barre symbolique de 5000 membres ou bien relayez simplement cette campagne. Je suis pour ma part membre de l'association depuis un an et demi : cela n'engage à rien si ce n'est régler une petite cotisation du montant souhaité chaque année. Alors, n'hésitez plus !

jeudi 30 octobre 2008

L'économie du logiciel libre face à la crise

Avant propos : Vous l'aurez compris, je ne suis ni un spécialiste du logiciel libre, ni un économiste qualifié. Ce billet n'est donc qu'une modeste analyse de la situation qui n'engage que moi et qui peut comporter des lacunes et imperfections, mais je ne demande qu'à l'améliorer alors n'hésitez pas à apporter votre contributions à la discussion en commentaire.

La crise économique, voilà plusieurs semaines voire plusieurs mois qu'elle est sur toutes les lèvres. Elle cède peu à peu la place au Mot qui effraye les ménages de par leur ignorance du caractère cyclique de son apparition : la récession. Voyons encore plus loin et parlons, comme certains le font sans ménagement, de dépression, ultime étape s'il en est de la décadence de notre économie. Mais tandis que les cours s'effondrent, un secteur résiste encore et toujours à l'envahisseur, j'ai nommé le logiciel libre. Tentons ensemble de décrypter ce phénomène.

Les domaines qui concentrent leur activité autour de la technologie se prennent actuellement une grande claque dans la figure économiquement parlant. S'en suivent une course à celui qui licenciera le plus vite pour survivre le plus longtemps et un phénomène de ralentissement des dépenses destiné à sauvegarder les fonds levés par certaines start-ups à l'instinct plutôt dépensier. Dans ce cas, il s'agirait plutôt d'un retour à la normale qui devenait nécessaire (voir à ce sujet le billet Et sinon, ça paye le Web 2.0 ? publié en août dernier).

L'industrie du logiciel libre, quant à elle, reste silencieuse et ne se plaint pas. Une bonne raison à cela est que son économie est pour sa majeure partie déconnectée du système économique qui régit les autres entreprises techno. En effet, pour simplifier, considérons que le logiciel libre a une économie centrée sur deux grandes activités que sont le mécénat et la vente de services.

  • En ce qui concerne le mécénat, l'activité semble liée aux autres entreprises. Il serait donc logique qu'une baisse de leur activité ou qu'une réduction budgétaire se répercute sur les dons à l'industrie du libre (qu'ils soient financiers comme humains, certaines entreprises employant des développeurs dont le le job consiste à participer au développement de projets libres). Cependant, il n'en est rien, puisque le logiciel libre reste une alternative moins onéreuse que le développement "from scratch" d'une application propriétaire. Le manque de liquidité pousse également certaines entreprises alors en prise aux logiciels propriétaires à se tourner vers des solutions gratuites.
  • Du côté des services cette fois, l'afflux de nouveaux utilisateurs de logiciels libres crée de nouveaux besoins associés à l'adaptation aux besoins de l'entreprise en question ou au déploiement de ces derniers sur une architecture spécifique. Si le mécénat s'acquitte pour une part de cette tâche, les éditeurs de logiciels libres qui s'orientent vers la vente de services verront également leur activité augmenter proportionnellement à l'adoption de leurs solutions logicielles par ces entreprises.

Mais ne nous arrêtons pas en si bon chemin : comme l'explique si bien Nat Torkington dans son billet Effect of the Depression on Technology, si les gens ont plus de temps que d'argent, il est désormais possible de voir fleurir de nouvelles contributions individuelle à des projets libres ou open source. Ne sous-estimons pas le pouvoir marketing du libre qui, mine de rien, sait mettre en avant ses avantages : preuve en est avec la récente publication d'un livre blanc sur l'estimation des coûts de développement d'une distribution Linux comportant quelques chiffres hallucinants (merci Tristan pour le lien).

Je ne peux m'empêcher, en conclusion, de reprendre la formule de Torkington selon laquelle les utilisateurs sont attirés par le prix du logiciel libre et sont conquis par sa qualité[1]. Si cette devise s'avère vraie, de nouveaux adeptes du libre devraient voir le jour sous peu et, comme vous et moi le savez, l'essayer, c'est l'adopter : voilà qui présage donc une croissance sur le long terme. Croyez moi, l'économie du libre a encore de beaux jours devant elle. ;-)

Notes

[1] The saying I use is, "come for the price, stay for the quality".

- page 1 de 3