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Déviance Mentale

Coup de tête, coup de coeur, expression libre et réactions à chaud sur des sujets plus ou moins philosophiquement votre...

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mardi 21 août 2007

Quid du futur de la vidéo en ligne ?

Aujourd'hui, le marché de la vidéo en ligne est en pleine effervescence et se partage en de nombreux secteurs diversifiés. Pour autant, de nombreux problèmes se posent et aucun business model n'arrive à se frayer véritablement de place sur ce marché. Au delà des faibles bénéfices générés, des problèmes de copyright et même désormais des problèmes d'infrastructures, ce sont les usages qu'il reste à faire évoluer vers une forme plus mature que ce qu'elle peut être aujourd'hui. Ensemble établissons un compte rendu de la vidéo sur Internet dans son ensemble pour tenter de dessiner sa silhouette de demain.

Vidéo

De la technologie aux usages...

L'insertion d'une vidéo aujourd'hui ne s'effectue que très rarement sans Flash, technologie propriétaire de streaming qui pose la problématique de l'intéropérabilité, le plugin Flash d'Adobe étant nécessaire à la lecture d'une vidéo et posant des problèmes de compatibilité sur certaines plateformes. Sa mise en place dans une page Web ne peut se faire sans l'insertion d'une portion de code (x)HTML généralement fournie par les sites de publication de vidéos la plupart du temps peu soucieux du respect des standards du Web.

Ensuite, les capacités de nos lignes téléphoniques ainsi que de nos infrastructures réseau limitent les données transférées, parfois même de manière drastique en fonction de notre géolocalisation (je vous rappelle que tout le monde n'est pas encore passé à l'ADSL). Cela contraint la publication de vidéos à des vidéos de petite taille et de piètre qualité, la compression des données étant obligatoire pour les débits asymétriques dont nous disposons.

Ces problèmes d'infrastructures conditionnent les usages que nous faisons de la vidéo sur Internet : courtes durées, qualité décevante, il ne nous est possible de visionner que quelques minutes de programmes courts. Ainsi, dans le but de fidéliser le client, les plateformes sont obligées d'agréger de nombreux contenus potentiellement en rapport avec le contenu visionné afin de le proposer au visiteur initialement de passage. Il est impensable de regarder des programmes longs auxquels des problèmes de copyright viennent s'ajouter à ceux déjà posés par les infrastructures.

Des tentatives de réponses aux besoins naissants

L'homme aime par nature s'inventer régulièrement de nouveaux besoins et aujourd'hui ces besoins viennent directement des frustrations que lui apporte la télévision qu'il regarde depuis si longtemps déjà. La vidéo en ligne n'est pour l'instant qu'une ébauche de ce que deviendra le remplaçant de cette TV si populaire. Regardons l'évolution de la télévision : tout a commencé en noir et blanc, puis est arrivée la couleur, la diversification des chaînes, l'arrivée du cable et de la télévision par satellite (offrant un bouquet de chaînes thématiques, du contenu payant ainsi qu'une bien meilleure qualité), des VHS puis des DVD pour enfin arriver aux platines d'enregistrement ou de lecture en différé du contenu.

Maintenant, regardez ce que la vidéo par Internet offre : des contenus encore plus diversifiés classés par thématiques (le plus souvent sous la forme de "chaînes"), la possibilité de téléchargement et de stockage de l'oeuvre visionnée (ou non) et la lecture au moment voulu du contenu. A part les problématiques de durée du contenu et de qualité, tous les atouts de la télévision ont peu à peu été intégrés à la vidéo en ligne, voire même parfois plus : l'abonnement à un contenu ciblé via RSS pour ne pas louper d'émission, la possibilité de réaction/interaction avec les éditeurs du contenu, l'association de contenu par thématique après visionnage et même pendant le visionnage pour pouvoir zapper à tout moment si le contenu ne me plaît pas, etc.

La première étape d'évolution s'effectue donc au fur et à mesure de l'appropriation des techniques télévisuelles. Reste à régler le problème de la qualité du contenu, ce que Joost ou Babelgum essayent de faire via leurs plateformes respectives basées sur un système P2P (Peer to Peer). Malheureusement, malgré les différents contrats signés avec des éditeurs de contenus, les offres vidéos proposées par ces nouveaux "médias" ne sont pas assez convainquantes pour la cible visée. La qualité de la vidéo reste également très décevante et les innovations ne sont pas au rendez-vous, mis à part la présence de widgets sociaux lors de la lecture.

Pour tenter de régler ce problème de qualité de l'image, il y a bien une solution proposée, j'ai nommé Stage6, la plateforme de diffusion de contenu vidéo créée par DivX qui ont réussi à mettre au point un système de compression sans perte ou presque : la qualité est bluffante et la mise à disposition de contenu en qualité HD est très appréciable, sourtout pour un visionnage plein écran, mais là encore le problème réside dans la forme propriétaire de cette technologie d'une part, et dans les trop faibles infrastructures de raccordement au réseau dont nous disposons d'autre part.

La vidéo en ligne a-t-elle finalement un futur ?

Bien évidemment, rien n'est encore joué pour la vidéo en ligne qui n'en est qu'à ses débuts. Des logiciels comme Miro que je vous ai présenté il y a peu sont incroyables en cela qu'ils proposent une nouvelle expérience utilisateur évolutive en agrégeant le contenu vidéo désiré, en le stockant et le gérant comme jamais auparavant. Cela pose la première pierre d'une ère qui va donner tout son sens aux technologies Media Center qui fleurissent depuis quelques temps sur nos PC portables ou PC de salon en proposant du contenu disponible en local (parfois même en qualité HD) et en proposant sa diffusion/gestion sur un écran de télévision.

A côté de ça, je pense que les plateformes du type Joost n'apporteront pas grand chose au marché tant que les accords qu'ils ne signeront pas ne concerneront pas les produits chouchous des grandes chaînes de télévision telles les séries américaines ou les divertissements. Ils ne seront utiles que par l'argent qu'ils insuffleront dans le marché et par la mise en place des premiers accords de diffusion de contenu qualitatif sur le Web. Ce sera une sorte de transition après laquelle ils devront soit évoluer, soit savoir s'effacer lentement au profit d'usages différents.

Les problèmes de copyright étant réglés par les accords mentionnés ci-dessus qui existent déjà pour d'autres types de contenu vidéo actuellement disponibles en ligne, ce sera finalement la monétisation qui devra véritablement s'inventer un modèle viable. L'intrusion de publicité pré/post visualisation risque de s'imposer comme un standard pendant quelques temps, au moins le temps de trouver une solution plus adaptée à la philosophie du Web, puisqu'étant déjà utilisée massivement sur la télévision.

Finalement, le véritable frein à cette évolution restent finalement les infrastructures réseaux : le très haut débit (fibre ou cable) devrait à son tour débloquer la situation, permettant le transfert de données conséquentes à travers le réseau, le tout de manière symétrique pour permettre à la fois le téléchargement (download) et le téléversement (upload) des données vidéos pourquoi pas en HD. Restera aux ISP (Internet Service Providers ou Fournisseurs d'Accès Internet) de revoir leur business model pour s'adapter à ce nouveau type de transfert de données extrêmement coûteux en bande passante.

En attendant tous ces changements, la télévision n'est pas encore morte, loin de là et il lui reste même de beaux jours devant elle. Ces changements, tant soit peu qu'ils se fassent, ne se feront pas en un jour et la transition sera longue. D'ici là, d'autres évolutions peuvent avoir lieu, changeant totalement notre vision de la vidéo online, la première étant l'apparition de la balise <video> avec la nouvelle version du langage HTML d'ici 2010, ce qui devrait révolutionner l'insertion de la vidéo dans les pages Web en permettant de concurrencer Flash dans ce domaine.

La vidéo sur Internet de demain, vous la voyez comment vous ?

jeudi 16 août 2007

Identités numériques multiples : utilisation d'un nom ou d'un pseudo ?

Toute personne qui publie en ligne ou qui contribue d'une manière ou d'une autre à un quelconque projet ou site communautaire se doit d'opter pour une identité plus ou moins anonyme. Le choix de cette identité dépend beaucoup du contexte de son utilisation : dans certains cas il est préférable d'utiliser un pseudonyme, dans d'autres cas, l'utilisation de son véritable nom et prénom est nécessaire. La présence en ligne peut donc ainsi conduire à l'utilisation de plusieurs identités qui vont se découper et se fractionner. Il est possible que ce fractionnement de l'identité numérique soit bénéfique, mais il peut également arriver que l'évolution des choses conduise à la nécessité d'unification, parfois difficile de ces différents profils.

J'ai longtemps été présent sur internet avec le pseudo sous lequel je publie actuellement ce billet : "Deeder" est venu me coller tellement à la peau que j'ai même quelques T-Shirts qui comportent ce pseudo. Le but originel de l'utilisation d'un tel pseudo était la protection de mon identité physique indépendamment de mes activités online. Petit à petit, la peur de dévoiler son identité sur le Web a disparu avec la compréhension de ce nouveau média et son utilisation en tant qu'outil plus qu'en temps que distraction. Si bien que, peu à peu, j'ai complété l'utilisation de mon pseudo par celle de mon nom et prénom que je n'ai pas longtemps cachés.

Quel préjudice peut-il y avoir finalement à être présent en ligne sous sa vraie identité ? Absolument aucun si l'usage de cet outil reste "professionnel", c'est à dire contrôlé et modéré par le bon sens de la personne en question. De plus, les réseaux sociaux et les quelques rencontres physiques vers lesquels les blogs et sites communautaires m'ont amenés m'ont obligé à me passer de mon pseudo. Pourquoi ne pas l'abandonner ? Tout simplement parce que je suis encore beaucoup plus connu et présent au travers de différents profils sous mon pseudo que sous mon nom : ainsi se pose le problème de la réunification de deux identités pour assurer le contrôle de sa présence en ligne.

Il y a bien quelques outils comme Ziki qui permettent de relier les différents profils et publications à un nom, outrepassant le pseudo, mais ce n'est pas suffisant. Cela n'a, à ma connaissance, aucune incidence sur le référencement et donc sur la présence en ligne qui reste partagée avec d'un côté le pseudo et de l'autre le patronyme. Actuellement, aucune solution ne permet de fusionner les différents besoins qui induisent l'utilisation de plusieurs identités :

  • Le nom et prénom est utile à une utilisation professionnelle du Web qui nécessite une présence en ligne
  • Le pseudo permet le contrôle de son identité sans avoir à renseigner quoi que ce soit de personnel
  • Le pseudo permet également la mémorisation et la différenciation sur le net (Deeder est peu fréquent tandis que Guillaume Guérin est formé d'un nom et prénom très communs)
  • Les personnes que vous connaissez physiquement connaissent votre vraie identité et l'utilisent beaucoup plus fréquemment que votre pseudo, d'où l'importance sociale de la présence en ligne sous votre vrai nom
  • Les logins ou adresses mail nécessitent l'utilisation d'un mot court, facile à retenir et facilement identifiable : généralement le pseudo

De ces besoins en naît parfois un autre : celui de lier les deux identités. Pour tous les points cités (et peut-être même d'autres qui ne me sont pas venus à l'esprit), j'ai besoin de lier mes deux identités dans le but de centraliser mon activité sur le net. Je ne peux me résoudre à abandonner mon pseudo parce qu'il est déjà trop présent sur le net pour l'effacer d'un coup de crayon et pour le remplacer par mon nom, et d'un autre côté le besoin de plus en plus fréquent d'utiliser mon nom pour identification se fait sentir. La seule solution acceptable qui s'offre à moi reste la cohabitation des identités.

Pour faciliter cette cohabitation, j'attends l'outil qui me permettra de gérer ma présence en ligne sur mes deux identités et qui me permettra avec souplesse de me positionner en ligne indifféremment que la recherche porte sur mon nom ou mon pseudo. Pour éviter en plus que cette cohabitation soit pénible, il faudrait que l'ajout de contenu certifié soit automatisé, ne nécessitant aucune démarche supplémentaire autre que celle de la validation d'une source dénichée par un genre de crawler par exemple. Si un jour on me propose ça, je signe de suite ! En attendant, je resterai tiraillé entre l'utilisation de mon prénom et mon pseudo.

dimanche 15 juillet 2007

Du concept d'innovation perturbatrice...

L'innovation est une des choses qui peuvent me rendre fou en moins de temps qu'il en faut pour le dire : je suis capable de m'émerveiller devant la moindre petite révolution, qu'elle soit technologique, idéologique ou que sais-je encore. Moteur de l'espèce humaine conditionnant son devenir, l'innovation est pour moi une chose magnifique. Shakespear aurait parlé de disruptive innovation si l'idée d'innovation perturbatrice était apparue à son époque. Malheureusement, il aura fallu attendre la fin du XXe siècle pour voir apparaître ce concept.

Ampoule

Mais avant que j'aille plus loin, savez vous ce qu'est une innovation perturbatrice ? Pour résumer en quelques mots, il s'agit d'un progrès généralement associé à une rupture technologique qui va donner naissance soit à un nouveau marché, soit à un produit ou une technologie totalement innovante sur un marché donné, ne venant pas réellement concurrencer les technologies existantes dans un premier temps. Son amélioration va petit à petit créer chez l'utilisateur un besoin tel qu'il va générer de nouveaux usages pour détourner un marché existant ou en créer un nouveau.

L'adoption d'une telle technologie est très lente, étant originellement de qualité inférieure à la technologie dominante alors disponible. Il ets alors possible que le marché pour un tel produit existe avant même que l'on en ait conscience ou du moins que l'utilisateur n'en ai conscience. La maturité de la technologie va coïncider avec sa popularisation et la création des nouveaux usages pour donner ainsi un marché d'un nouveau genre. En gros, la disruptive innovation est un énorme pavé dans la marre qui va, par la force de ses remous, faire tanguer le bateau du consommateur jusqu'à lui en faire parfois changer de cap.

L'utilisateur va tout d'abord rejeter l'innovation perturbatrice pour la simple raison qu'elle est justement perturbatrice et que l'homme n'aime pas que l'on change ses habitudes. Puis, petit à petit, elle va finir par s'imposer à un tel point qu'elle peut en faire couler des innovations au rythme dit "continu". D'ailleurs en français l'adjectif "disruptif" qualifie une décharge électrique provoquant une étincelle, d'où la symbolique l'utilisation de l'adjectif anglais "disruptive" qualifiant quelque chose de perturbant.

Je ne sais pas vous, mais je trouve ce concept totalement fascinant, au même titre que l'éruption d'un volcan au plein milieu de l'océan, formant petit à petit une île tout d'abord déserte mais qui sera petit à petit habitée par l'homme. En regardant quelque peu autour de nous, nous pouvons trouver des exemples plus ou moins flagrants d'innovations perturbatrices. Par exemple, le DVD a introduit le nouveau besoin de stockage de films de meilleure qualité, remplaçant ainsi les VHS, mais également en créant le marché parallèle des lecteurs/enregistreurs de DVD, de l'évolution vers une technologie double couche, etc. De même, Skype a été le premier produit à lancer le marché de la téléphonie sur IP, etc.

Des exemples, il en existe de nombreux dont nous ne sommes parfois même pas conscients. Imaginez la puissance de ce concept de l'évolution qui se jour de l'innovation continue telle que nous avons l'habitude de la concevoir, c'est à dire à tel besoin correspond la création de telle technologie qui va par la suite évoluer sur qu'à sa maturation. Ajoutez-y ensuite l'étendu des marchés parallèles qui vont émerger grâce à cette innovation, et vous obtenez quelque chose d'absolument formidable. La capacité de l'homme à s'inventer son univers est révélée dans toute sa splendeur. Magique non ?

mercredi 4 juillet 2007

L'intérêt du microblogging comme outil de networking par l'exemple

Le microblogging est souvent considéré comme un nouveau truc à la mode, qui est généralement très inutile, addictif et parfois même, n'ayons pas peur des mots, chiant. C'est un peu avec cet état d'esprit que j'ai commencé à me lancer sur Twitter, dans l'unique but de tester cette fameuse application dont tout le monde parlait. Etant un total inconnu dans la blogosphère qui fait mon quotidien, j'ai commencé à me dire qu'ajouter à ma liste de lectures des gens intéressant pouvait être un bon début. Non pas que les autres soient moins intéressants, mais les Ouriel Ohayon, les Loïc Le Meur et autres Jeff Clavier sont extrêmement médiatisés et ont des choses à raconter. Soit, voyons ce qu'ils ont à dire.

Puis il y a ces gens, tout aussi voire plus intéressants que ceux précédemment cités, qui ont un blog qu'on découvre par hasard sur lequel on voit un widget Twitter et qu'on finit par ajouter histoire de voir de quoi il en retourne. Et par le plus grand des hasards, eux se mettent à vous ajouter également en tant qu'amis. Puis suivent d'autres francophones que je ne connaissais alors que de nom ou de pseudo dans certains cas. Le contact est bref mais chaleureux et l'on se surprend à ne plus rester dans le principe du monologue avec lequel on a démarré puisque désormais, vous êtes lu.

Non pas que je veuille vous raconter ma vie trépidante, mais ces évènements ont marqué un changement d'appréciation de cet outil. Le contact s'installe avec des gens que je ne connais pas, qui ne lisent pas spécialement mon blog, mais qui sont rentrés en contact avec moi quasiment immédiatement. Les gens sont plus accessibles sur ce genre de services qu'ils ne peuvent l'être sur les blogs et semblent plus intime, plus proches. Les contacts s'additionnent tout doucement, les échanges aussi. Une fois le réseau constitué, aussi minime soit-il, les enjeux du microblogging apparaissent enfin.

L'avantage du réseau, c'est sa puissance de diffusion instantanée de l'information, surtout lorsque vous avez des contacts ciblés. Impossible de passer à côté de la dernière version de tel logiciel, de la dernière nouvelle ou du dernier buzz, avant même parfois que ce buzz en devienne un ! La rapidité de l'information dépouillée de sa rigueur rédactionnelle est décuplée. Si vous possédez un agrégateur, si vous faites de la veille dans un domaine particulier, le miccoblogging est un support rêvé pour vous tenir au courant de votre univers dans les plus bref délais après divulgation de l'information.

Autre avantage également des Twitter-like qui est proportionnel à la taille de votre réseau, l'entraide ou le partage d'avatages, de données ou d'informations personnalisées. Le dernier service hype n'est ouvert que sur invitations distribuées au compte goutte ? Qu'importe, demandez à l'un de vos contacts de vous en fournir une et une fois inscrit, invitez à votre tour d'autres personnes... Alors que le processus peut paraître rébarbatif et est terriblement long sur les commentaires de blogs ou sur les forums, l'aspect conversation en direct du miccroblogging social est là aussi dix fois plus rapide et pratique.

L'aspect humain est un des points les plus importants de ce genre de services. En dépit de votre géolocalisation ou de tout rapport plus ou moins direct avec un blogueur (par exemple), vous pouvez oser prétendre discuter ou plutôt échanger quelques propos, même à une fréquence peu élevée, avec certaines personnes. Habitant loin de Paris, ne pouvant me rendre aux fameuses soirées entre blogueurs, n'étant pas du tout (et ne voulant pas être) une star du blogging comme certaines têtes d'affiches de la french blogosphere, jamais je n'aurais pensé pouvoir discuter avec certains de mes contacts.

Pour finir, attention de ne pas tomber dans le cliché du microblogging qui est le message totalement dénué d'intérêt du type "je vais aux toilettes". Bien sûr, il y en a de temps en temps, on ne peut l'empêcher, tout comme ces private jokes dont vous ne comprenez strictement rien et qui finalement ont un petit quelque chose de sournois et d'agaçant parfois. Mais ça, c'est l'humanité de la chose. Sur les blogs, la rédaction et son temps associé nécessaires à la publication d'inepties en tous genres les limitent, là la porte est ouverte à tout et n'importe quoi, d'où l'importance de choisir son réseau.

Enfin, pour les contacts que je n'ai pas cité, non que je ne vous apprécie pas, mais le but de l'exercice n'est pas de linker tout le monde pour faire plaisir à l'égo démesuré de tout blogueur qui se respecte. Si vous êtes vraiment fâché contre moi, je vous invite à en parler devant une bière bien réelle. D'ailleurs y a un concept à inventer là : une Twitter Party pendant tout une journée avec un repas à la bonne franquette style barbecue chips, où les twitterers des quatre soins de la Drance se rassemblerait pour faire connaissance. Vous allez me dire que y a déjà les blog parties pour ça, mais l'heure est généralement défavorable à toute personne vivant hors de la capitale. A quand la bouffe du midi à Paris sans chichi ?[1]

Notes

[1] Même à une heure si tardive, les rimes arrivent encore à être volontaires et non pas inopinées comme vous osez le croire...

dimanche 1 juillet 2007

Modeste étude marketing et comportementale du phénomène iPhone

Je le reconnais, le titre de ce billet fair un peu prétentieux mais vous savez que je suis quelque peu fasciné par tout ce qui touche aux nouvelles technologies et également au marketing. La sortie du joujou d'Apple dont tout le monde parle ne pouvait pas me laisser indifférent mais pourquoi justement écrire et lire un billet de plus à ce sujet ? Tout simplement pour se focaliser non pas sur le produit mais sur son écosystème qui forge petit à petit le produit, rituel identique à la sortie de chaque nouveauté signée Apple. L'iPhone : oui, mais derrière ?

iPhone d'Apple

La technologie à l'origine du buzz ?

Pour expliquer le buzz autour du produit qu'est l'iPhone, il y a sans doute une part de rêve technologique. Rappelons qu'Apple est à l'origine de bien des inventions qui ont révolutionné certains usage, la première étant la souris. nous sommes donc en droit d'attendre de la part de la firme à la pomme une certaine dose d'innovations technologiques dans ce téléphone portable. Malheureusement, les puristes n'auront rien de bien croustillant à se mettre sous la dent.

En effet, aucune technologie révolutionnaire n'est ajoutée à l'iPhone, si ce n'est l'écran tactile que d'autres téléphones utilisent déjà. Côté logiciel, Apple garde sa philosophie propriétaire avec un appareil fermé aux applications externes, assurant le total monopole de la marque sur la vente, l'installation et le développement de services futures. Quelques fonctionnalité comme le système d'écriture intuitive et évolutive sont griffées de la patte de la marque, mais rien de vraiment original n'est à déplorer. Certains regretteront même l'absence de fonctionnalités considérées comme indispensables par certains comme la 3G, le MMS ou encore la capture vidéo.

La technologie ne sert pas la popularité de l'iPhone puisque d'autres font aussi bien voire mieux qu'Apple pour des usages donnés. Pourtant tout le monde en veut un : pourquoi ?

Le prestige de la marque

Apple est sans conteste une marque à la renommée internationale pour ce qui concerne la high tech grâce à des produits certes un peu chers à l'achat, mais de très bonne facture et à la durée de vie équivoque. Le design de ses objets est en total décalage avec ce qu'il se fait sur le marché, ce qui fait que vous pouvez discerner un objet Apple entre tous. C'est en partie ce gage de qualité que les gens cherchent à travers ces produits : l'assurance d'un très bon produit aux finitions léchées et à la durée de vie incomparable.

Les acheteurs de l'iPhone sont également les consommateurs de la génération iPod. Ceux-ci ont vu naître des mains du géant ce qui sera LE produit phare du marché de la musique "mobile". Ces derniers attendant donc la révolution de la téléphonie mobile des mains de ce même géant aux doigts d'or et pas qu'au seul sens figuré d'ailleurs, puisqu'Apple joue de sa popularité pour entretenir le buzz jusqu'au dernier moment.

Le buzz au rendez-vous...

On savait que Steve Jobs était un pro du marketing, il nous l'a confirmé une fois encore. Il a su donner rendez-vous régulièrement à toute la presse spécialisée lors de ses fameuses Keynotes, pour divulguer un à un les plats de résitance sans dévoiler le dessert afin de garder ses convives en appétit jusqu'au bout. Souvenez vous que l'appétit vient en mangeant et que ce proverbe s'applique aussi au domaine du marketing. Ainsi, les spéculations se mèlent aux réelles informations si peu nombreuses au final pour donner un cocktail détonnant.

Rien de tel que de jouer un peu plus de ce cocktail pour densifier son effervescence avec quelques petits gestes insidieux comme la livraison par du personnel armé des Apple Stores à l'image des bijouteries, ce qui a pour effet de renforcer le sentiment de mise à disposition au grand public d'un objet de luxe pour un prix (presque) abordable. La campagne de sacralisation est telle que le personnel des Apple Store se sont vu prendre en flagrant délit d'applaudissement des premières personnes qui après avoir passer une nuit de camping sauvage à attendre leur objet fétiche, ont pu enfin l'approcher et l'acheter dans leur magasin.

Mythe durable ou éphémère ?

L'expérience de l'iPod dans le domaine de la musique est bien souvent déformée par les médias. Les premières versions étaient fortement imparfaites avant d'arriver à l'objet culte que nous connaissons tous aujourd'hui. La politique actuelle d'Apple ainsi que sa renommée font que ce n'est plus aujourd'hui le profil type des early-adopters d'autre fois qui convoitent leur produit. Ces nouveaux clients accorderont-ils à la marque des éventuels faux pas comme il y en a eu pour l'iPod ? Ceci est loin d'être certain.

Les faux pas sont généralement liés au manque d'expérience dans un domaine particulier. Or, la téléphonie mobile est une grande première pour Apple et le marché est déjà bien prisé par de grandes enseignes aussi bien professionnelles que tout public. S'il n'y a pas de place à prendre, la seule solution qui reste est de s'en créer une. L'arrogance de la pomme suffira-t-elle à se faufiler sur ce marché ? L'innovation n'est, nous l'avons déjà dit, pas véritablement au rendez-vous pour cet objet qui arrivera peut-être difficilement à se frayer un chemin ici.

Enfin, le dernier atout d'Apple est la révolution. Entendons par là la révolution des usages comme elle a sur le faire dans bien des domaines. Si, techniquement, l'iPhone n'est pas véritablement révolutionnaire, peut-être le but non avoué d'Apple est-il d'instaurer un nouveau standard, un nouvel usage de la mobilité en appuyant sur le trait de la convergence numérique et en délimitant les fonctionnalités mobiles et multimédias jusqu'alors éparpillées afin de recentrer le domaine vers une évolution prochaine. A l'usage, le fait que l'iPhone devienne autosuffisant à l'utilisateur se généralise, alors Apple aura gagné son pari. Et quel pari !

Enfin, tout le monde ne peut pas se venter d'avoir l'arrogance de Steve Jobs pour tenter un tel saut qui peut être à la fois bénéfique comme suicidaire pour la firme alors confortablement installé sur ses marchés. Les économistes ont un avis très partagé en ce qui concerne l'avenir d'Apple et je dois reconnaître que moi même j'ai du mal à venir le prochain coup venir. Le mat est proche, c'est certain : mais de quel côté à votre avis ?

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